--Ah!... Après quelques tâtonnements je parvins à comprendre que cette thèse était un travail de l'abbé, que l'abbé faisait remettre au net et copier par l'enfant dont l'écriture était correcte. Il en tirait quatre grosses, dans quatre cahiers cartonnés dont chaque jour il noircissait quelques pages. Casimir m'affirma du reste qu'il se plaisait beaucoup à "copier".

--Mais pourquoi quatre fois?

--Parce que je retiens difficilement.

--Vous comprenez ce que vous écrivez?

--Quelquefois. D'autres fois l'abbé m'explique; ou bien il dit que je comprendrai quand je serai plus grand.

L'abbé avait tout bonnement fait de son élève une manière de sécrétaire-copiste. Est-ce ainsi qu'il entendait ses devoirs? Je sentais mon coeur se gonfler et me proposai d'avoir incessamment avec lui une conversation tragique. L'indignation m'avait fait presser le pas inconsciemment; Casimir prenait peine à me suivre; je m'aperçus qu'il était en nage. Je lui tendis une main qu'il garda dans la sienne, clopinant à côté de moi tandis que je ralentissais mon allure.

--C'est votre travail, cette thèse?

--Oh! non, fit-il aussitôt; mais, en poussant plus loin mes questions, je compris que le reste se réduisait à peu de chose; et sans doute fut-il sensible à mon étonnement:

--Je lis beaucoup, ajouta-t-il, comme un pauvre dirait: j'ai d'autres habits!

--Et qu'est-ce que vous aimez lire?