I

L'oreille en face du silence
Comme une pierre de lune et de maraude
J'espère passer le blé
Dans un pont tout près s'en va la jarretière qui sent le musc
des tracés
Une lisse montée à la corde et le baiser naissant plaque les
on qui reviennent
Sur l'ami un doigt
Pendant que s'apaisent les cils et les s'ils
D'après l'homme
Passez bontés humaines parcs de montres et de roses
Souvent dans les noirs intérêts et les usages
Puisque le sommeil est une flamme parfumée et descend des
cuillers de cervelle
Avec cette muraille de sureau qui chante les heures
Les formes que nous tirons du puits

II

Sans une claire courageuse et pauvre étoile au nom miraculeux
Le bois qui tremble s'entr'ouvre sur le ciel peint à l'intérieur
des forêts de santé
Par cette oraison de bluet caractéristique et ces yeux à biseaux
Qui domptent les vagues travers zigzaguant par le monde
Ô les charmantes passes les beaux masques d'innocence et de
fureur
J'ai pris l'enfer par la manche de ses multiples soleils détournés
des enfants par les plumes
Je me suis sauvé
Tant que les métiers morts demandaient sur ma route
Où va ce manœuvre bleu
Mais sur les mers on ne s'élance pas si tard
Demain caresse mon pas de son sable éclatant
Et les carnassiers frivoles s'exaltent
Voilez les montagnes de ce crêpe jaune étrange que vous avez
si bien su découper suivant le patron des graminées des cîmes
Je suis le perruquier des serrures sous-marines le souffle des
amantes

III

Lorsque la bouteille est là ouverte à ses chants de coqs
Le ciel pelure d'oignon
Les charmes menteurs de la servante à la voix de salade blanche
Te rappellent la boule d'agate élastique de cette nuit ancienne
Elle reposait sur une feuille de laurier
Toi la tête dans cette cage où tes baisers du matin sont des
oiseaux qui se baignent
Tu avais pris cette boule pour un des petits compas mystérieux
qui prennent à la nuit tombante des mesures sur les étangs
Dans le magasin de tailleur de ton père
Et les journaux de ce pays étranglé
Te font éprouver dans les testicules une douleur bien connue
Qui remonte aux jours d'avant ton enfance
Tandis que la foule se disperse
Et que de petits chocs musicaux se produisent sans interruption
dans le papier
Au bord du comptoir il y a de la mousse orangée qui arrive
Dans une survie ondoyante tu reconnaîtras les moqueurs

IV

Je ne crois pas que le progrès s'opère dans la direction du sens
La confiance manque
Mais la mémoire influe un peu sur le beau temps
Page de brume au béret de cendre blanche illuminé de tous les
sons du tambour d'été
J'ai comme un pressentiment de l'aile
Des fuites sans mon éclat personnel
Qui est un peu déchiqueté
L'averse boule de neige des jardins nordiques
Puis la poésie aux phares rouges sur une mer toute brune
Quand le Texas des piverts monte à l'échelle minuscule
Adorée Adorée
On offre à tout venant des calmants des voitures
Cependant que des douze branches de l'étoile équatoriale
L'une
Se détache
Et roule comme un paradis sans tête

V

Loin des femmes de course et des femmes de trait
Après les arènes de plomb fondu comme la patrie et les bals noirs
Le geste autochtone
Cette partie sera la dernière et déjà les yeux de toutes les bêtes
déménagent à la cloche de bois
Des miels abondants sertissent les clochers
Sous l'art passent de grands inquisiteurs dont le sourire est
une poignée de feuilles sèches
Et les grands écarts du soleil interrompent les trains jetés de la
mer à la terre à la façon de ces aréopages antiques
On a bien raison de couvrir de paille les musiques des oiseaux
afin qu'elles ne se brisent pas en route
Seul un ventilateur persan détaché de l'arbre tourbillonnera
par-dessus les saisons du goût
Voici que la rosace des ventres s'incline derrière l'horizon
nous entrons dans l'araignée abstraite au corps de muqueuse
transparente