—Il le faudra cependant bien.

—Et qui m'y forcera? dit M. de Villebrais dédaigneusement.

—Moi! qui suis tout prêt à vous frapper sur la joue du plat de mon épée, si vous hésitez.

M. de Villebrais se mordit les lèvres jusqu'au sang.

—Écoutez donc, monsieur, continua l'étranger du même ton et sans paraître plus ému que s'il se fût agi d'un souper, quand on passe du rapt au meurtre avec une si surprenante facilité, il faut bien s'attendre à quelque désagrément. Tout n'est pas bénéfice dans le métier.

La honte de l'action qu'il avait commise, et la rage qu'inspiraient à M. de Villebrais les paroles dont son oreille était fouettée, l'emportèrent sur l'orgueil du rang.

—Soit, répondit-il. Je me battrai avec ce manant, et ce sera votre tour après.

—Volontiers, s'il est nécessaire.

M. de Villebrais tâtait déjà le terrain du pied, lorsque l'étranger reprit:

—Puisque vous vous rendez à mes observations avec une si louable complaisance, permettez-moi, monsieur, de vous en adresser une nouvelle. Ce n'est point ici un lieu commode pour se battre. On court le risque d'être dérangé, ce qui est toujours fâcheux. J'avise là-bas un petit bouquet d'arbres où l'on serait merveilleusement. Vous plairait-il d'y aller? L'endroit est frais.