Le comte pressa de nouveau la main de Belle-Rose et tira la porte sur lui. On entendait à l'intérieur un bruit de pas sur l'escalier.
—M. de Charny! cria le laquais en livrant passage au favori.
M. de Pomereux montra du geste un fauteuil près de la cheminée.
—Il est un peu bien tard pour faire une visite, monsieur, dit-il à M. de Charny avec courtoisie; mais vos visites sont si rares que je n'ai point à m'inquiéter de l'heure que vous choisissez.
—Ce n'est point une visite, monsieur le comte, c'est une affaire qui m'amène, répondit M. de Charny.
—Peu importe le motif, votre présence me suffit et vous êtes le bienvenu.
—J'imagine, monsieur, que vous connaissez la raison grave qui m'a conduit à votre hôtel à une heure aussi avancée de la nuit?
—Mon Dieu! mon cher monsieur de Charny, vous avez une politique si profonde, et j'ai l'esprit si mal fait à l'endroit de cette politique, que peut-être auriez-vous plus tôt fait de m'expliquer vos raisons. Je pourrais bien chercher trois heures et ne rien trouver après, si vous m'abandonniez à mes seules méditations.
M. de Charny comprit bien que M. de Pomereux raillait, mais il se contint.
—Alors, monsieur, reprit-il, je serai bref.