—Parbleu! c'est bien ainsi que je l'entends! Tous les soldats ont un nom.
—Oui, un nom qui n'est pas le leur.
—Mais c'est le mien! Crois-tu, par hasard, que j'aie besoin de leur consentement pour les baptiser?
—Est-ce encore de la discipline? demanda Jacques en rougissant.
—Oui, mon garçon, répondit M. de Nancrais, qui ne put s'empêcher de sourire. Mais, mordieu, je le tiens, ton nom: il est écrit sur ton visage!
—Ah! Ainsi, je m'appelle?…
—Belle-Rose.
M. de Nancrais agita sa sonnette; un soldat de planton dans l'antichambre entra, le capitaine lui dit quelques mots à l'oreille, le soldat sortit et revint cinq minutes après avec un caporal de sapeurs.
—Monsieur de la Déroute, dit M. de Nancrais au sous-officier, voilà une recrue que je vous confie; vous le mènerez à la chambrée, l'instruirez dans le métier, et me rendrez compte de sa conduite. Allez.
Malgré son nom formidable, le caporal la Déroute était un excellent homme qui ne demandait pas mieux que de rendre service aux gens. Quand ils furent tous deux dans la rue, le caporal et la recrue, la Déroute se tourna vers notre ami Jacques, appelé maintenant Belle-Rose.