—C'est ce qui me semble à présent.

—M. de Louvois n'est pas précisément tendre dans ces sortes d'occasions.

—Disons même, entre nous, qu'il ne l'est pas du tout.

—J'y consens, et c'est précisément cela qui m'inquiète. Il ne faut pas aller en prison, madame.

—J'y consens volontiers, mais ce n'est pas tout à fait le sentiment de
M. de Louvois.

—Il y paraît, et c'est malheureusement qu'il est fort entêté, M. de Louvois. Mais enfin, madame, vous n'êtes pas seule au monde, vous avez…

—Je suis veuve, monsieur, dit Suzanne doucement.

M. de Pomereux remarqua seulement alors que Mme d'Albergotti était couverte de vêtements noirs. Quand elle était entrée, il n'avait vu que le visage et point la robe.

—Veuve! s'écria-t-il. Ma foi, madame, il a dépendu de vous de ne pas l'être. Mais, s'empressa-t-il d'ajouter en voyant que Suzanne s'apprêtait à répondre, je n'ai pas de rancune, et je mets tout ce que j'ai de crédit à votre disposition.

Mme d'Albergotti allait répliquer, lorsqu'un huissier vint prévenir M. de Pomereux que M. de Louvois le mandait dans son cabinet. M. de Louvois expédiait quelques signatures au moment où M. de Pomereux entra. M. de Charny venait de s'éloigner.