—Parbleu! il me suit.

—Déjà!

—Demain il arrive au camp, et le soir même il compte monter sa première garde.

Tout en causant de leurs affaires et de leurs espérances, les deux jeunes gens étaient sortis des lignes. La journée était belle et tiède; ils poussèrent dans la campagne. Comme ils entraient dans un chemin creux, un coup de fusil retentit à quelque distance, et la balle s'aplatit contre un caillou, à deux pas de Belle-Rose. Cornélius s'élança sur le revers du chemin. Un léger nuage de fumée flottait sur la lisière d'un champ de houblon.

—Oh! oh! s'écria-t-il, ce sont des maraudeurs espagnols. Je ne vois plus le camp.

—Reculons alors, répondit Belle-Rose: des épées contre des mousquets, la partie n'est pas égale.

Tous deux rétrogradèrent, observant, l'un à droite, l'autre à gauche, ce qui se passait dans les environs. Ils n'avaient pas fait cinq cents pas, qu'un second coup de feu partit d'un petit bois. La balle cette fois traversa le chapeau de Cornélius.

—Un pouce plus bas, dit Cornélius en saluant l'ennemi invisible, et j'étais mort.

Un nouvel éclair suivit le second, et la balle coupa, sur la poitrine de
Belle-Rose, le revers de son habit.

—Parbleu! dit-il, nous sommes bien sots de rester exposés comme des cibles à leurs coups; gagnons les blés.