—C'est un risque à courir.

—Les patrouilles qui vont et viennent autour des remparts.

—C'est leur métier de voir les gens, ce sera le nôtre de les éviter.

—On nous rattrapera avant que nous ayons gagné la frontière.

—A la grâce de Dieu!

Belle-Rose frappa du pied. Le caporal continuait à faire tourner ses pouces.

—Après tout, fais ce que tu voudras! s'écria le sergent; si tu es fusillé, ce sera ta faute.

—C'est convenu, dit la Déroute, et il se leva.

Le jour finissait et l'heure du dîner était venue. Le caporal sortit pour remplir les devoirs de sa charge. Il avait à veiller à la fois sur la gamelle et sur son prisonnier. A peine eut-il passé la porte, que Belle-Rose, tirant un crayon de sa poche, écrivit à la hâte quelques mots sur un bout de papier. Quand il eut fini, il s'approcha de la fenêtre grillée qui donnait sur le préau; un sapeur était auprès.

—Veux-tu me rendre un service, camarade? lui dit Belle-Rose.