—Mon père! s'écria-t-il.
Le père, silencieux, le pressait sur son coeur.
—Mais, dit Guillaume Grinedal tout à coup, il y a du sang sur tes habits. Es-tu blessé?
—Ce n'est rien, répondit Jacques, une balle a déchiré ma blouse, là, près de l'épaule, et m'a égratigné, je crois!
—Tu es un vaillant garçon, sur ma foi, dit le gentilhomme; si jamais tu t'enrôles sous les drapeaux de Sa Majesté le roi Louis, vrai Dieu! tu feras ton chemin. Çà, voyons, as-tu la valise?
—La voilà sur la croupe du cheval.
—Pauvre Phoebus! Tu l'as rudement mené, hein? dit gaiement l'étranger en passant la main sur le cou du cheval.
Phoebus frotta ses naseaux écumants sur l'habit du gentilhomme, dressa l'oreille à la voix du maître, hennit et frappa du pied le sol.
—Tu as donc été poursuivi? reprit l'étranger tout en débouclant la valise.
—A une petite lieue de Witternesse j'ai dû quitter le grand chemin pour éviter un parti de maraudeurs espagnols, répondit Jacques. Deux lieues plus loin, en avant de Roquetoire, près de Blendecques, je suis tombé au milieu d'une bande de hussards et d'impériaux qui battaient l'estrade. Ils m'ont poussé vivement durant un quart d'heure. Mais Phoebus a de bonnes jambes. A l'entrée du bois ils ont perdu mes traces. Ah! j'oubliais! Bergame m'a chargé d'une lettre pour vous. La voici.