«Un lieu où plusieurs ouvriers se réunissent pour travailler ensemble.»
L'atelier d'Antoine Huguet n'était pas tout à fait cela. Ils étaient là quatre gaillards, qui, chagrinés de ne pouvoir perdre que chacun vingt-quatre heures par jour, s'étaient réunis et associés, pour avoir, par ce moyen, quatre-vingt-seize heures à leur disposition.
On se lève le matin ou à peu près. On n'est qu'à demi réveillé; il n'y a pas moyen de travailler si on ne boit une goutte de rhum. «Rapin! où est le rapin? Rapin, où es-tu?» On voit alors se lever, d'un coin où il dormait, un gamin de quatorze ans, avec de longs cheveux et une calotte grecque sur le côté de la tête; il a une blouse grise, qu'il a choisie de cette nuance, parce que les taches y paraissent mieux. Le rapin, dont le véritable nom est depuis longtemps oublié, a été nommé Gargantua, à cause de son formidable appétit. «Rapin, va chercher du rhum.» Le rapin demande de la monnaie. A peine est-il dans la rue, qu'on le rappelle. «A propos, je n'ai plus de tabac.»
Le rapin revient au bout d'une heure et demie; on l'accable de reproches. «Tu nous fais perdre notre temps.» Le rapin, qui n'est pas dupe du chagrin de ces messieurs, ne sourcille pas. On lui prédit qu'il mourra sur l'échafaud. Le rapin arrange les palettes. Le rhum est bu.
«Travaillons, dit Antoine.
—Ah! si nous fumions une pipe?
—Oui, cela excite le cerveau.»
Quand la pipe est fumée:
«Ah! maintenant, à l'ouvrage.
—Quelle heure est-il?