RODOLPHE.—Vous montez, je crois, à cheval, monsieur Léon?
LÉON.—Oui, monsieur; et vous?
RODOLPHE.—Mais j'étais à cheval la dernière fois que nous nous sommes rencontrés.
(Grimace de Léon signifiant que c'est justement pour cela qu'il émet son doute.)
RODOLPHE.—Qui est-ce qui vous vend vos chevaux?
LÉON.—Je n'achète pas de chevaux.
GENEVIÈVE.—Rose, as-tu vu la nouvelle passion de ton frère? Elle s'appelle Éléonore: elle joue au théâtre de la Porte-Saint-Martin.
ROSE.—Oui, certes, et elle est très-belle.
GENEVIÈVE.—Très-belle, en effet.
Ici les deux méchantes filles, chacune dans un intérêt différent, tombent admirablement d'accord pour torturer Mme Haraldsen; elles font l'éloge de tout ce qui manque à celle-ci. Mme Haraldsen, toute jolie femme qu'elle est, a plus d'éclat et de grâce que de beauté réelle, et elle perd infiniment à être examinée en détail: elle a peu de cheveux, des dents médiocres, les bras minces, le front un peu trop bas, le nez légèrement relevé.