—Comment, jusqu'à un certain point?
—Oui, je sais ce que j'ai besoin de savoir. M. Lauter est un honnête et digne jeune homme, dont j'ai l'honneur d'être l'ami. Il m'a dit qu'il se battait aujourd'hui avec M. de Redeuil, et m'a chargé de fixer les conditions du combat. Ainsi vous pouvez parler.
—M. de Redeuil désirerait tirer l'épée.
—C'est parfaitement indifférent à M. Lauter.
—Ah!
—Oui, monsieur. On tirera donc l'épée sur la demande de M. de Redeuil, quoique le choix des armes appartienne à M. Lauter.
—Vous me paraissez, monsieur, fort expérimenté?
—Moi, monsieur, je ne me suis battu qu'une fois dans ma vie, et c'était à bout portant, avec un seul pistolet chargé, sans témoins, au bord d'une rivière, où le vainqueur devait jeter le cadavre du vaincu. Ce n'était pas un duel en règle. A quelle heure le rendez-vous?
—Ah! voilà la question, dit Rodolphe. Il faut absolument, pour une affaire très-importante, que j'aille tantôt chez le délégué d'une cour d'Allemagne. Il est déjà tard, je voudrais remettre l'affaire à demain.
—Je n'ai pas mission de m'y opposer.