—Je ne lui ai jamais caché que cela, dit Geneviève, et encore une autre chose, pensa-t-elle en soupirant.

—Je vous le promets.

—Eh bien! nous ne sommes pas riches. Léon travaille beaucoup, je voudrais le soulager un peu.... D'ailleurs, je suis souvent seule.... Je m'ennuie.... Je désirerais trouver un peu d'occupation. On m'a dit qu'il y a des demoiselles.... très-bien nées.... qui font des broderies.... de la tapisserie....»

Anselme leva les yeux au ciel et joignit les mains.

«Vous avez des relations, mon bon voisin; moi, je ne connais au monde que mon bon frère et vous; et je n'ai jamais osé en parler à Léon. Il verrait la chose autrement qu'elle n'est: il s'exagère tout très-facilement; cela lui ferait du chagrin, il me défendrait de donner suite à mon projet. Je vous en prie, mon cher voisin, occupez-vous de ce que je vous demande; je vous en conserverai toute ma vie une éternelle reconnaissance.»

Léon rentra: il était contrarié visiblement. Quand Anselme remonta chez lui, il le suivit. «J'ai à vous parler, lui dit-il, un service à vous demander. Je me bats demain matin.»

Anselme pâlit.

«Ne cherchez pas à m'en détourner, mon honneur est engagé. Je comptais sur Albert pour me servir de témoin, il est absent: il faut que vous le remplaciez. Je compte sur vous demain matin; je vous réveillerai demain matin à sept heures, et vous irez voir le témoin de mon adversaire.

—Vous voulez vous battre? dit Anselme. Et Geneviève, et votre sœur!

—J'y ai bien pensé, et je vais y penser toute la nuit; mais je ne suis pas le maître de reculer.