ANTOINE HUGUET.—Mille pardons. (Antoine Huguet sort.)

M. VASSELIN..—Je ne comprends pas, messieurs....

GARGANTUA.—On demande M. Mithois; sa tante vient d'accoucher d'un enfant à deux têtes.

MITHOIS.—Mille excuses.... Léon, remplace-moi.

M. VASSELIN..—Je saurai bien mettre M. Huguet à la raison.

GARGANTUA.—On demande M. Léon pour l'exécution de l'article 5.

Léon sort et trouve Mithois et Antoine Huguet. Léon annonce qu'il s'en va; en effet, il lui est venu une idée qu'il va mettre à exécution; il n'empruntera pas d'argent à ses amis. Mithois descend avec lui, il va acheter des vis pour l'article 7. En descendant, on éteint tous les quinquets. Gargantua les suit et verse de l'eau sur les mèches, pour qu'il soit impossible de les rallumer; quand ils sont arrivés dans la rue, Mithois avise un pauvre homme qui passe, et lui dit: «Tenez, mon brave homme, voici une bonne paire de sabots.» Le pauvre homme accepte avec reconnaissance les sabots de M. Vasselin, que Mithois a pris à la porte en sortant. Léon lui dit adieu et s'en va en courant.

XXVIII

Léon traversa rapidement les rues, passa le pont Royal, et arriva dans la rue des Augustins; là il entra dans une maison où il avait, quelques jours auparavant, laissé son violon: il le prit et se mit à errer, cherchant une maison de prêt sur gage. Enfin, il triompha de sa honte; il accosta un homme assis au coin d'une rue, et dit: «J'ai oublié l'adresse d'un de mes amis nouvellement déménagé, mais vous pourrez me la donner: c'est dans cette rue-ci ou dans une rue voisine; il est commissionnaire au mont-de-piété.

—Le mont-de-piété, dit le Savoyard, che crois que chè au loumero chinquante-houit.»