Alors qu'au mois de juin fleurit la rose blanche, savez-vous bien pourquoi sur elle je me penche avec un air rêveur?
C'est qu'à ce mois de juin, la rose me répète: Tenez, Jean, je n'ai pas oublié, votre fête depuis plus de treize ans.
Chaque fleur a son mot qu'elle dit à l'oreille, son mot qui fait pleurer et cependant réveille des souvenirs charmants.
Vous savez celle-là qui se pend aux murailles, et, comme un réseau vert, entrelace ses mailles de feuilles et de fleurs? C'est le frais liseron.
C'est le volubilis, aux clochettes sans nombre; le soir et le matin ses cloches d'un bleu sombre chantent une chanson;
Une chanson d'amour, bien naïve et bien tendre, que je fis certain jour que j'étais à l'attendre, sous un arbre touffu.
Voici, là-bas, fleurir la jaune giroflée. Rien n'est si babillard que sa fleur étoilée, qui dit: «Te souviens-tu?
«Te souviens-tu des lieux où la vie était douce? de ce vieil escalier tout recouvert de mousse, qui montait au jardin?
«Dans les fentes de pierre étaient des fleurs dorées, de son vêtement blanc en passant effleurées presque chaque matin.
«Tu les cueillis alors et tu les as cachées; et, dans de certains jours, sur ces fleurs desséchées, tu poses un baiser.»