MM. d'Ossat et Duperron, évêque d'Évreux, depuis cardinal, furent chargés de traiter à la cour de Rome l'affaire de l'absolution du roi.
Cette absolution fut «accordée» premièrement en consistoire public;—le sieur Duperron, représentant «la personne du roi», se mit à genoux devant le souverain pontife;—Clément VIII, dans cette posture, lui donna quelques coups de baguette adressés au roi,—pendant que le chœur chantait le psaume Miserere.
Voici les principaux des articles imposés au roi et accordés par ses représentants:
—Il obéira aux mandements du Saint-Siège.
—Le roi montrera par faits et par dicts, et même en donnant les honneurs et dignités du royaume, que les catholiques lui sont très chers, de façon que chacun comprenne qu'il désire qu'en France soit et fleurisse une seule religion, et icelle la catholique romaine.
—Le roi dira tous les jours le chapelet de Notre-Dame,—et le mercredi les litanies,—et le samedi le rosaire de Notre-Dame,—gardera les jeûnes et autres commandements de l'Église, oyra la messe tous les jours.
—Le roi bâtira, en chaque province du royaume, un monastère d'hommes ou de femmes.
—Il se confessera et communiera en public quatre fois pour le moins par chaque an.
Etc., etc.
Une des chances de succès pour les pèlerinages, ce sont les petites croix, amulettes, scapulaires, etc., de diverses couleurs, auxquelles beaucoup des pèlerins sauront bien un peu plus tard, sinon dans la rue, au moins dans les salons, faire jouer le rôle des décorations;—nous avions les as de cœur rouges de Marie Alacoque;—la croix également rouge de Lourdes;—les pèlerins de Sainte-Radegonde portaient une petite croix violette bordée de blanc;—le journal, auquel j'emprunte ce fait, dit que plusieurs d'entre les pèlerins réunissaient déjà le ruban rouge de Lourdes au ruban violet de Sainte-Radegonde;—on arrivera à la brochette.