—Qui?
—Le frère de ce malheureux?
—Oui, où est-il? demanda M. de Malmédie.
—Me voici, dit Laïza en s'avançant.
Sara jeta un cri de surprise: elle venait de reconnaître, dans le frère du condamné, celui qui s'était si généreusement dévoué le matin pour lui sauver la vie. Cependant, chose étonnante, le nègre n'avait pas jeté un coup d'œil de son côté, le nègre semblait ne pas la connaître; le nègre, au lieu d'implorer son entremise comme il avait certes bien le droit de le faire, continuait de s'avancer vers M. de Malmédie. Il n'y avait pourtant pas à s'y tromper; les plaies qu'avaient laissées à son bras et à sa cuisse les dents du requin étaient encore vives et saignantes.
—Que veux-tu? dit M. de Malmédie.
—Vous demander une grâce, répondit Laïza à voix basse, afin que son frère, qui était à vingt pas de là, gardé par les autres nègres, ne l'entendît pas.
—Laquelle?
—Nazim est faible, Nazim est un enfant, Nazim est blessé à la tête et a perdu beaucoup de sang; Nazim n'est peut-être pas assez fort pour supporter la punition qu'il a méritée; il peut mourir sous le fouet, et vous aurez perdu un nègre qui, à tout prendre, vaut bien deux cents piastres....
—Eh bien, où veux-tu en venir?