Il pensait à Sara.

À Sara qui n'avait pas cherché à le voir, qui ne lui avait pas écrit un mot, qui ne lui avait pas donné un souvenir.

À Sara, dans laquelle il avait cru, et à laquelle il devait sa dernière déception.

Il est vrai qu'avec l'amour de Sara il eût regretté la vie; l'oubli de Sara, c'était la lie de son calice.

Et puis, à côté de son amour trahi, murmurait son orgueil déçu.

Il avait échoué en toutes choses: sa supériorité ne l'avait mené à aucun but.

Le résultat de cette longue lutte, c'était l'échafaud, où il marchait abandonné de tous.

Quand on parlerait de lui, on dirait: «C'était un insensé.»

De temps en temps, tout en marchant, tout en regardant, un sourire passait sur ses lèvres, répondant à ses pensées. Ce sourire, pareil, en dehors, à tous les sourires, était bien amer en dedans.

Et cependant il l'espérait à tous les angles de rues, il la cherchait à toutes les fenêtres.