Le vieillard voulut se lever pour sortir; il n'avait pas la force de supporter cette étrange épreuve, dans laquelle les deux acteurs principaux conservaient une égale impassibilité, l'un par abrutissement d'esprit, l'autre par force de cœur. Mais les jambes lui manquèrent et il retomba sur son fauteuil.

Les renseignements mortuaires donnés et reçus, Georges tira de son doigt un diamant.

—Mon ami, dit-il au nègre, comme je n'ai pas d'argent ici et que je ne veux pas que vous ayez tout à fait perdu votre temps, prenez cette bague.

—Il m'est détendu de rien recevoir des condamnés, dit le nègre, mais j'hérite d'eux; laissez la bague à votre doigt, et, demain, quand vous serez mort, je la tirerai.

—Très bien! dit Georges.

Et il remit impassiblement la bague à son doigt.

Le nègre sortit.

Georges se retourna du côté du prêtre. Le prêtre était pâle comme la mort.

—Mon fils, dit-il, je suis bien heureux d'avoir rencontré une âme comme la vôtre: c'est la première fois que j'accompagne un condamné à l'échafaud. Je craignais de faiblir. Vous me soutiendrez, n'est-ce pas?

—Soyez tranquille, mon père, répondit Georges.