Quelque facilité que Georges donnât au tribunal, les débats n'en durèrent pas moins trois jours: même quand ils n'ont rien à dire, il faut toujours que les avocats parlent.
L'avocat général parla quatre heures. Il foudroya Georges.
Georges écouta toute cette longue sortie avec le plus grand calme, inclinant de temps en temps la tête en forme d'aveu.
Puis, lorsque le discours du ministère public fut terminé le président demanda à Georges s'il n'avait rien à dire.
—Rien, répondit Georges, sinon que M. l'avocat général a été fort éloquent.
L'avocat général s'inclina à son tour.
Le président annonça que les débats étaient clos, et l'on reconduisit Georges à sa prison, le jugement devant être prononcé en l'absence de l'accusé, et devant lui être signifié ensuite.
Georges rentra dans sa prison et demanda du papier et de l'encre pour écrire son testament. Comme les jugements anglais n'entraînent pas la confiscation, il pouvait disposer de sa part de fortune.
Il laissa:
au docteur qui l'avait soigné trois mille livres sterling;
au directeur de la prison, mille livres sterling;
à chacun des guichetiers, mille piastres.
C'était une fortune pour chacun des donataires.