—Tu te trompes.

Laïza secoua tristement la tête.

—Les yeux de la tête se trompent quelquefois, dit-il; ceux du cœur, jamais.

—Serais-tu mon rival? demanda Georges avec un sourire dédaigneux.

—Il n'y a de rival que celui qui a l'espoir d'être aimé, répondit le nègre en soupirant, et la rose de la rivière Noire n'aimera jamais le lion d'Anjouan.

—Alors tu n'es pas jaloux?

—Vous lui avez sauvé la vie, et sa vie vous appartient, c'est trop juste; moi, je n'ai pas même eu le bonheur de mourir pour elle, et cependant, ajouta le nègre en regardant Georges fixement, croyez-vous que j'aie fait ce qu'il fallait pour cela?

—Oui, oui, murmura Georges oui, tu es brave; mais les autres, puis-je compter sur eux?

—Je ne puis répondre que de moi, dit Laïza, et j'en réponds; donc, tout ce que l'on peut faire avec un homme courageux, fidèle et dévoué, tu le feras avec moi.

—Tu m'obéiras le premier?