—Par qui, Monsieur? demanda à son tour le jeune mulâtre.

—Par qui, par qui!... Eh! parbleu! par moi, dit M. de Malmédie.

—Je vous ferai observer, Monsieur, reprit Georges, que mademoiselle Sara n'est point votre fille, mais seulement votre nièce; ce qui fait qu'elle ne vous doit qu'une obéissance relative.

—Mais, Monsieur, toute cette discussion me paraît plus que singulière.

—Pardonnez-moi, dit Georges, elle est, au contraire, parfaitement naturelle; j'aime mademoiselle Sara; je crois que je suis appelé à la rendre heureuse; j'obéis à la fois à un désir de mon cœur et à un devoir de ma conscience.

—Mais ma cousine ne vous aime pas, vous, Monsieur! s'écria Henri se laissant emporter à son impétuosité naturelle.

—Vous vous trompez, Monsieur, répondit Georges, et je suis autorisé par mademoiselle à vous dire qu'elle m'aime.

—Elle, elle? s'écria M. de Malmédie. C'est impossible!

—Vous vous trompez, mon oncle dit Sara en se levant à son tour, et Monsieur a dit l'entière vérité.

—Comment, ma cousine, vous osez?... s'écria Henri en s'élançant vers Sara avec un geste qui ressemblait à la menace.