—Allons donc! vous, docteur, vous avez de pareilles idées?

—C'est justement parce que je suis docteur que je les ai. Tenez, voulez-vous voir la maladie que j'ai?... la voilà.

Il me conduisit devant un dessin parfaitement fait; il représentait l'anatomie du cœur.

«J'ai fait faire ce dessin sur mes renseignemens et pour mon usage particulier, continua-t-il, afin de juger matériellement, si je puis parler ainsi, ma situation. Vous le voyez, c'est un anévrisme. Un jour, ce tissu-là crèvera; quand? je n'en sais rien; peut-être aujourd'hui, peut-être dans vingt ans; mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il crèvera; alors en trois secondes ce sera fini.

«Et un beau matin, en déjeunant, vous entendrez dire:

«—Tiens, ce pauvre Fabien, vous savez?

«—Oui. Eh bien?

«—Il est mort subitement.

«—Bah! Et comment cela?

«—Oh, mon Dieu! en tâtant le pouls à un malade. On l'a vu rougir, puis pâlir; il est tombé sans pousser un seul cri; on l'a relevé: il était mort.