L'âme attendait.

Enfin un soir qu'elle rêvait, comme de coutume, en regardant une révolution qui s'opérait dans une étoile, l'ange s'approcha d'elle:

—Ta mère est née aujourd'hui, lui dit-il.

—Ma mère! s'écria l'âme.

—Oui.

—Alors je n'ai guère plus de dix-huit ans à attendre; car j'espère qu'elle se mariera jeune, ma mère.

—Attends, et prie en attendant.

L'âme était triomphante. Elle quitta sa solitude, elle oublia la révolution de son étoile, et vint se mêler aux autres, faisant part de tous côtés de la naissance de sa mère.

Maintenant qu'elle avait la certitude de naître, une chose l'inquiétait encore: c'était de savoir si elle naîtrait homme ou femme. Mais, pour ceci, les mystères de l'avenir étaient impénétrables: il fallait attendre.

Chaque jour elle demandait à l'ange: