—Tu mens! tu l'as payé pour m'assassiner.
Un cri d'horreur s'éleva dans la chambre.
—Jamais! sire, balbutia l'accusé frissonnant de tous ses membres; c'est Galvano qui a menti, qui m'a calomnié faussement.
—Traître et lâche!—s'écria Ladislas d'une voix de tonnerre,—voici ta bourse,—et il la lui jeta à la face;—voici les deux hommes qui étaient dans la barque du vieillard qui t'a parlé,—et il montra les deux hommes couverts de leurs armures;—Galvano, c'était moi.
Pandolfo tomba la face contre terre, foudroyé par ces terribles paroles.
—Est-il coupable? demanda de nouveau le roi.
—Oui, répondirent les assistans d'une voix unanime.
Quant à Jeanne, elle avait perdu connaissance.
Alors le roi se leva et prononça ainsi l'arrêt qui condamnait Pandolfo:
—Moi, Ladislas 1er, roi de Hongrie, de Jérusalem et de Sicile, je déclare Pandolfo Alopo coupable de lèse-majesté. J'ordonne qu'on lui attache sur le front un écriteau infâme; qu'on le lie sur une charrette et qu'on le traîne ainsi dans tous les quartiers de Naples, que des bourreaux lui arrachent les chairs avec des tenailles rouges, qu'on le roue sur des rasoirs, et qu'on le jette sur un bûcher de bois vert pour qu'il soit brûlé lentement, jusqu'à ce que mort s'en suive.