À monseigneur le duc de Montpensier.
« Prince,
» Si je savais où trouver Votre Altesse, ce serait de vive voix, ce serait en personne que j'irais lui offrir l'expression de ma douleur pour la grande catastrophe qui l'atteint personnellement.
» Je n'oublierai jamais que, pendant trois ans, en dehors de tout sentiment politique et contrairement aux désirs du roi, qui connaissait mes opinions, vous avez bien voulu me recevoir et me traiter presque en ami.
» Ce titre d'ami, monseigneur, quand vous habitiez les Tuileries, je m'en vantais; aujourd'hui que vous avez quitté la France, je le réclame.
» Au reste, monseigneur, Votre Altesse, j'en suis certain, n'avait point besoin de cette lettre pour savoir que mon coeur est un de ceux qui lui sont acquis.
» Dieu me garde de ne pas conserver dans toute sa pureté la religion de la tombe et le culte de l'exil.
» J'ai l'honneur d'être avec respect,
» Monseigneur, de Votre Altesse royale,
» Le très-humble et très-obéissant serviteur,