Eh bien, moi, je vais faire revenir cette mode.
Dites-moi, donc, cher lecteur ou belle lectrice,—c'est pour l'esprit perspicace des lectrices surtout que sont faites les charades, —dites-moi de quelle langue est tiré l'apologue suivant.
Est-ce du sanscrit, de l'égyptien, du chinois, du phénicien, du grec, de l'étrusque, du roumain, du gaulois, du goth, de l'arabe, de l'italien, de l'anglais, de l'allemand, de l'espagnol, du français ou du basque?
Remonte-t-il à l'antiquité, et est-il signé Anacréon?—Est-il gothique, et est-il signé Charles d'Orléans?—Est-il moderne, et est-il signé Goethe, Thomas Moore on Lamartine?—Ou plutôt, ne serait-il pas de Saadi, le poète des perles, des roses et des rossignols?—Ou bien…?
Mais ce n'est pas mon affaire de deviner; c'est la vôtre.
Devinez donc, chez lecteur.
Voici l'apologue en question:
Un papillon avait réuni sur ses ailes d'opale la plus suave harmonie de couleurs: le blanc, le rose et le bleu.
Comme un rayon de soleil, il voltigeait de fleur en fleur, et, pareil lui-même à une fleur volante, il s'élevait, s'abaissait, se jouait au-dessus de la verte prairie.
Un enfant qui essayait ses premiers pas sur le gazon diapré, le vit, et se sentit pris tout à coup du désir d'attraper l'insecte aux vives couleurs.