—Fuir! dit Sporus, toujours pâle et froid comme un simulacre de marbre, fuir, et par où?
—Par ici, s'écria Néron ouvrant la porte de la chambre et s'élançant vers la carrière; puisque je suis entré je puis sortir.
—Oui, mais depuis que tu es entré, dit Sporus, l'ouverture est rebouchée, et, si bon athlète que tu sois, je doute que tu puisses repousser seul le rocher qui la ferme.
—Par Jupiter! c'est vrai! s'écria Néron, épuisant vainement ses forces pour essayer de soulever la pierre. Qui a fermé cette caverne? qui a fait rouler ce rocher?
—Moi et les affranchis, répondit Sporus.
—Et pourquoi avez-vous fait cela? pourquoi m'avez-vous enfermé comme Cacus dans son antre?
—Pour que tu y meures comme lui, dit Sporus avec une expression de haine à laquelle on n'aurait jamais cru sa voix douce capable d'atteindre.
—Mourir! mourir! dit Néron, se frappant la tête comme une bête fauve enfermée et qui cherche une issue: mourir! Tout le monde veut donc que je meure? tout le monde m'abandonne donc?
—Oui, répondit Sporus, tout le monde veut que tu meures, mais tout le monde ne t'abandonne pas, puisque me voilà, puisque je viens mourir avec toi.
—Oui, oui, murmura Néron, se laissant de nouveau tomber sur le matelas; oui, c'est de la fidélité.