II

Il est l’homme de la Révolution : il est donc l’homme du destin. Il accomplit l’œuvre énorme que la Révolution lui prépare. Il est pareil, avec sa grosse tête d’enfant boudeur, au marmot qui rassemble les morceaux du jeu. La Révolution lui a jeté en tas les pierres, les poutres neuves, et les débris ; il s’empare du chantier, et il bâtit la maison aux deux ailes de bourse et de caserne. Et des arcs de triomphe ouvrent toutes les avenues.

Bonhomme en famille, et faible même avec les siens, fidèle ami, il paraît sans cœur comme la Révolution. Parvenu comme celle, comme elle toute raison. D’ailleurs, se servant de la raison sans scrupules, il y asservit tout ce qui le gêne. Il pense : la raison, c’est moi. Et voilà les crimes de l’ordre et la raison d’État.